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une petite ballade écléctique ....

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légaliser les drogues dures

 

Legaliser les drogues dures

Reportage 09 septembre 2010 de Sandrine Magne

Si la question de la légalisation des drogues douces, telle que le cannabis, revient régulièrement sur le devant de la scène, celle concernant la légalisation des drogues dures, en revanche, est rarement posée. Et pourtant, le magazine d’actualité Books a osé mettre en Une , un dossier intitulé « Faut-il légaliser les drogues dures? ». StreetGeneration poursuit le débat avec la sociologue Anne Coppel

 

Derrière ce titre accrocheur se pose plus précisément la question de la décriminalisation des drogues, et des conséquences d’une telle mesure. Ses détracteurs monteraient sur leurs grands chevaux en criant à une déchéance totale, et pourtant, cette politique est appliquée au Portugal, où l’on constate pour l’instant des effets essentiellement positifs. Depuis 2001, ce pays a « aboli toutes sanctions pénales pour possession personnelle de drogue, y compris marijuana, cocaïne, héroïne et méthamphétamine ». Avec une substitution des peines d’emprisonnement parune offre (déclinable) de thérapie.

Une étude parue en 2009 permet d’observer ce qu’ont été les conséquences de cet assouplissement de la loi. Alors que l’usage des drogues chez les adolescents, ainsi que les taux d’infections au VIH, ont baissé, les demandes de traitement contre la toxicomanie, « ont plus que doublé », affirme le rapport. Aujourd’hui, « le Portugal est le pays d’Europe où le nombre de personne de plus de 15 ans ayant consommé au moins une fois de la marijuana est le plus faible : 10% ». Contre 39,8% aux Etats Unis.
Par ailleurs, cette nouvelle politique a permis de réaliser une large économie sur les coûts de la répression et d’utiliser ces sommes dans le financement des programmes thérapeutiques. Ce qui devenait nécessaire, compte tenu, à titre d’exemple, que « le nombre de traitements de sevrage à la méthadone ou au Subutex est passé de  6 040 à 14 877 après la dépénalisation ». L’exemple a beau être des plus flagrants, l’opinion publique reste difficile à faire basculer. Dans les milieux politiques surtout, où bien peu de personnalités seraient prêtes à prendre le risque de soutenir une décriminalisation des drogues dites dures.

Les Etats-Unis très touchés

Aux Etats-Unis, ils ne sont qu’une minorité à étudier pareille éventualité et le pays reste le plus restrictif dans sa politique de prohibition tout en étant, paradoxalement, parmi les plus touchés par la consommation et les trafics de drogues, quelles qu’elles soient. Pour Jeffrey A. Miron, auteur d’un livre sur le sujet (Les crimes de la guerre anti-drogues. Les conséquences de la prohibition), il suffit de jeter un coup d’œil en arrière pour constater que la situation est similaire à celle des années 1920, lors de la prohibition de l’alcool. Une politique désastreuse qui avait été abandonnée. Etablissant un parallèle, l’auteur explique que, là aussi, l’idéal serait de « réguler et taxer le produit ». Bien que la consommation soit susceptible d’augmenter, « on verrait diminuer de manière drastique les souffrances causées tant par ces drogues que par la tentative de les interdire », affirme-t-il. Il chiffre même les économies que ferait le pays : « en additionnant les coûts directs de la prohibition et les recettes fiscales dont se prive le système actuel, les Etats-Unis tireraient de ce changement un bénéfice budgétaire d’environ 100 milliards de dollars par an ». Et si la présidence de Barack Obama semble plus encline à traiter la question que les précédents gouvernements, peu de changements restent envisageables dans un futur proche. Clive Crook, dans The financial Time, estime que « même une décriminalisation progressive – qui maintiendrait la prohibition mais la sortirait du cadre d’action de la loi pénale- semble peu probable, sans être totalement impensable ».

 

books 2A la fin du dossier que présente Books, on trouve une interview de Moisés Naim, économiste et membre de la Commission latino américaine sur les drogues et la démocratie, danslaquelle il résume ainsi la situation : « c’est une erreur de réduire le débat sur la drogue à l’opposition manichéenne entre légalisation totale et prohibition totale ». Cette vision ne fait qu’engendrer sa stérilité. C’est bien un début de solution que propose le Portugal, en décriminalisant sans pour autant légaliser. Mais, explique l’auteur du Livre noir de l’économie mondiale, « n’importe quel responsable américain qui proposerait aujourd’hui une politique comme celle du Portugal perdrait immédiatement son poste ». Une évolution des mentalités est d’abord nécessaire.

 

Les résultats d’études d’un côté, la politique de l’autre

En France, selon un sondage Ifop du 19 août, 53% des Français sont « favorables à l’ouverture de salles de consommation de drogue médicalisées ». Mais côté Elysée, on tâtonne. En août, le gouvernement à refuser d’ouvrir des « centres d’injections supervisés », des structures où les toxicomanes auraient pu venir librement pour consommer des drogues, dans de bonnes conditions hygiéniques et sous lasurveillance de personnel médical. Bien que ces lieux aient, selon un rapport de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), « fait leurs preuves sur la réduction de la morbidité et de la mortalité associées aux overdoses ». Ils ont finalement été déclarés « ni utiles, ni souhaitables » par le gouvernement.

…Qui revient sur ses pas en septembre, avec une annonce de l’Assemblée Nationale et du Sénat de « créer une mission d’information parlementaire sur les toxicomanies ». Avec au sommaire la question de l’ouverture ou non de ces structures, auxquelles Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, était favorable. 15 députés et autant de sénateurs composeront cette mission parlementaire, mais reste à savoir si leurs conclusions seront écoutées.

 

Avec cette série d’articles, Books réunit des preuves pour démontrer l’ INEFFICACITE des politique purement répressives en matière de drogues ( généralisées en Occident depuis un siècle).

Pourtant, malgré le constat, malgré les études, les livres et les enquêtes, les hommes politiques au pouvoir  (en France tout particulièrement, de droite comme de gauche) ne bougent pas, sourds à des faits qui pourtant interpellent. En la matière, les experts n’ont pas l’air d’avoir droit au chapitre et seule compte l’opinion qui « n’est jamais prête ».  Streetgeneration a rencontré Anne Coppel, sociologue et anti-prohibitionniste distinguée. Elle s’interroge sur le climat qui empêche le débat sur les drogues d’exister politiquement.

Sandrine Magne

site source:http://streetgeneration.fr/news/actu/societe/15887/legaliser-les-drogues-dures-voir-video/

la video d'anne coppel ici:

http://www.dailymotion.com/video/xeqztn_anne-coppel-civiliser-les-drogues_news#from=embed

 

 

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