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une petite ballade écléctique ....

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Une histoire de drogués?

par tribulationsdungrammedecoke le 22 mars 2011

 

(texto en español abajo sur le site source)

Il y aura bientôt, le 7 mai, des manifestations pour la légalisation du cannabis. Elles auront lieu en France, aux Etats-Unis, en Amérique Latine, ailleurs. Bien.  Le commun des mortels se demandera: mais qu’est-ce qu’ils viennent nous pomper avec leur drogue, ceux-là ? Pourquoi en effet défendre le droit des fumeurs à fumer, le droit à se droguer quand le monde a d’autres chats à fouetter, quand la Lybie est en guerre, quand le Japon meurt en silence et que la Grande Explosion nous guette?

Alors on s’enfoncera, en France du moins, durant quelques jours, dans un débat connu sur les effets du cannabis sur le cerveau des fumeurs de joints, ses bienfaits médicaux, les risques de l’addiction, les drogues douces oui, les dures non, comme un consommateur qui remplirait son chariot en choisissant entre deux marques de produits (cf. émission de France 2 du 21 mars 2011). On parlera des pays qui l’ont fait, ce qui leur est arrivé (globalement, rien), ceux qui aimeraient le faire, des études scientifiques, les pour, les contre. Le débat aura le mérite d’exister, mais il en restera probablement là, parce que, selon les sondages (qui ne sont que ce qu’ils sont : des sondages), la grande majorité des français, notamment,  sont contre la légalisation des drogues.

Ils sont même ces dernières décennies de plus en plus nombreux à le dire : ils ne veulent pas de ces « saloperies ». Mais en même temps, ils sont de plus en plus nombreux à en prendre, et de toutes sortes : cannabis, ecstasy, cocaïne, héroïne, méphédrone, aérosols, solvants, etc. Cachez ce sein que je ne saurais voir. Ni les arguments scientifiques, ni les philosophiques sur la liberté individuelle n’ont l’air de changer les choses. Grosses lassitudes chez les porteurs de pancartes. Grosse fatigue.

Maintenant, tournons-nous vers le Sud, qui produit dans la grande majorité des cas ces substances incroyablement attirantes. Curieusement, leurs intellectuels, leurs chefs d’Etat, leurs Nobels ne pensent pas que défendre la légalisation des drogues, c’est défendre le droit des toxicos à se droguer. Non. Ils savent qu’il s’agit d’un virage éthique et moral indispensable. Lorsqu’ils se sont posé la question, ils n’avaient pas en tête leurs enfants fumeurs de cannabis. Ils pensaient à tous leurs morts, à des générations de types tués à cause d’une croisade destinée à défendre des consommateurs qui n’en demandaient pas tant.

Si on leur avait parlé de la liberté de se droguer, il est certain qu’ils n’auraient pas changé d’avis sur cette question. Si on leur avait dit : « vous savez, le cannabis donne de l’appétit aux cancéreux, et c’est moins dangereux que l’alcool », ça ne les aurait pas beaucoup émus. On aurait aussi pu leur dire qu’au Portugal la dépénalisation n’avait pas entrainé d’explosion de la consommation, ils auraient été intéressés, sans plus.

Ils avaient devant leurs yeux un argument indiscutable: leurs pays à la dérive, tous les jours au journal télé. Ils n’avaient pas à choisir entre deux marques de politique anti-drogue, dans les rayons. « Les douces, oui, les dures non, les personnes majeures oui, pas les  mineures, thérapeutiques oui, mas pas récréatif ». La guerre ne fait pas de différence, elle ne demande pas de carte d’identité. Il n’y a pas de balles thérapeutiques, ni récréatives.

Ethan Nadelmann, de la Drug Policy Alliance (la plus grosse association américaine à demander la décriminalisation des drogues)  a dit récemment que les pays comme la Colombie pouvaient être au cœur du débat mondial pour la révision des politiques anti-drogue, sans doute parce qu’on y trouve les arguments les plus évidents. Ceux qui ont vu de près ce que la guerre anti-drogue impliquait sont convaincus. Cette « guerre » (quand on passe les frontières européennes) est un sujet de première importance : certes, les comparaisons sont détestables mais  en vie humaines, le nombre de morts qu’elle a provoquée dépasse les bilans de ces derniers jours sur bien d’autres fronts.

site source :http://tribulationsdungrammedecoke.wordpress.com/2011/03/22/une-histoire-de-drogues/

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