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une petite ballade écléctique ....

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Tijuana. Dans le tunnel de la drogue

 

Au check point de San Fernando, l’homme qui se jette dans les bras des soldats est couvert de sang. Une balle lui a traversé le visage. Epouvanté, choqué, le blessé tient des propos décousus, mais les militaires décident de se rendre avec lui sur le lieu de l’agression. Il a parlé d’un « massacre ». Alors qu’ils approchent d’un ranch, ils essuient des coups de feu. L’armée ­réplique, met en fuite les ­tireurs… et découvre un charnier. Soixante-douze ­cadavres d’émigrants clandestins, exécutés les uns après les autres d’une ou deux balles. Ils venaient du Guatemala, du Honduras, du Salvador, de l’Equateur et du Brésil. Tous rêvaient d’entrer en secret aux Etats-Unis. Ils avaient mis leur vie entre les mains des narcotrafiquants, maîtres obscurs de la frontière, et ces derniers la leur avaient prise, sans doute parce que les va-nu-pieds refusaient de leur servir de mules ou d’hommes de main. Ce bain de sang a stupéfié un Mexique que l’on croit parfois, à tort, résigné à la barbarie. Il a aussi refroidi les touristes et terrifié les candidats à l’émigration de tout le continent. Le rêve américain peut très vite virer au cauchemar. Plus d’un an après le carnage, l’onde de choc se fait encore sentir.

Tijuana, à 2 600 kilomètres de San Fernando, est la ville historique du passage clandestin. Et du trafic de marijuana. A la sortie de l’aéroport international, au bord de l’avenue à quatre voies, il suffit de se dresser sur la pointe des pieds pour distinguer les premiers immeubles de San Diego. L’eldorado des miséreux est là, à 25 mètres, pas plus, derrière un haut grillage dont le sommet est hérissé de barbelés. Garé le long du trottoir, un convoi attend.
Le lieutenant d’artillerie Victor Ariza, de la deuxième zone militaire, qui couvre l’Etat de Basse-Californie, est venu me chercher. Avec son escorte. Il m’invite à m’asseoir dans sa chevrolet Suburban. Le chauffeur a calé son M-16 entre son siège et le levier de ­vitesses. Nous démarrons, suivi par deux pick-up dans lesquels ont pris place une quinzaine de soldats encagoulés, en tenue camouflage gris et sable, équipés de fusils d’assaut. Pourtant, nous ne montons pas au front ; ils me conduisent jusqu’à un tunnel creusé sous la frontière par les narcotrafiquants. Un extravagant « métro » souterrain de la dope et de l’espoir. Cette année, à ­Tijuana, les forces de la deuxième zone militaire en ont découvert huit.

suite site source :http://www.parismatch.com/Actu-Match/Monde/Actu/Tijuana.-Dans-le-tunnel-de-la-drogue-368398/

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