Par José Alonso
La guerre contre les narcotrafiquants et contre le crime organisé est une guerre perdue. Elle se soldera par d’immenses profits sur le plan économique, par des milliers de morts et par une nation brisée. Ce qui aggrave encore ce bilan c’est que le gouvernement mexicain a profité de sa guerre nationale contre les narcotrafiquants pour écraser les zapatistes avec une guerre locale. Cette «autre» guerre ne se limite pas au Chiapas. Elle est menée brutalement dans l’ensemble du pays contre les communautés indigènes qui défendent leurs territoires face à l’Etat et au Marché. (Rédaction)
Selon le recensement de 2010, le Mexique compte 112’336’238 habitants. Nous occupons la onzième place parmi les nations les plus peuplées de la planète. La base de la pyramide des âges se rétrécit alors que le milieu s’élargit, puisque la proportion d’enfants a diminué.
Ce recensement reflète également une très importante inégalité, qui est également confirmée par les chiffres publiés en mars dans la revue des Etats-Unis, Forbes. L’homme le plus riche du monde est Carlos Slim, un patron mexicain qui possède une fortune personnelle de 74 milliards de dollars et qui a augmenté en une seule année de 38%.
Un pays où il y a des millionnaires et des très pauvres
Les données sur les Mexicains possédant de grandes fortunes montrent en tête de liste les personnes qui ont bénéficié des privatisations d’entreprises d’Etat à l’époque du président Carlos Salinas de Gortari (1988-1994). Dans la liste des grands millionnaires à l’échelle mondiale on trouve le narco-trafiquant mexicain Joaquin « El Chapo » Guzman. On y trouve aussi le propriétaire de mines responsable de la mort de mineurs à Pasta de Conchos (2006) et instigateur de la répression contre les mineurs de Cananea (juin 2010).
Les onze Mexicains les plus riches accumulent 125,1 milliards de dollars, soit l’équivalent de 12.4% du PIB du Mexique, ce qui est scandaleux lorsqu’on sait que plus de 44% des Mexicains vivent dans la pauvreté. En 2010, le niveau de vie de la majorité des Mexicains s’est dégradé. Des organisations de défense des droits du travail ont dénoncé le fait que le Mexique continue à être l’un des pays ayant le plus de retard en matière de politique salariale. Les faibles augmentations salariales ont été rapidement absorbées par l’inflation et le renchérissement des biens et des services. Le renchérissement du panier de base (biens essentiels) a entraîné une chute de 30% du pouvoir d’achat des travailleurs et travailleuses.
En outre, l’augmentation du trafic de stupéfiants a plongé le pays en une grave crise d’insécurité. Cette activité suit en effet la logique patronale capitaliste de la recherche de profits maximum en un temps minimum, elle implique la suppression violente des concurrents et cultive la corruption et l’impunité essentielles à ce « négoce ».
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