- Présentation à la presse de suspects narcotrafiquants devant leurs armes, à Mexico/Reuters/Jorge Lopez -
Rien de personnel, Sonny. C'est juste une question de business». La réplique culte d'Al Pacino dans le Parrain, pourrait à peu près résumer ce que les économistes pensent de l'entreprise humaine, qu'elle soit criminelle ou autre: les êtres humains prennent des décisions fondées sur des analyses coûts-bénéfices rationnelles, pas sur des motifs passionnels ou sentimentaux.
Et elle traduit aussi l'approche adoptée par Melissa Dell, doctorante au MIT, dans un récent article décortiquant jusqu'à ses principes les plus froids et les plus rationnels la violence apparemment absurde de la guerre contre la drogue au Mexique.
En voyant les cartels de la drogue mexicains comme des activités commerciales calculatrices et cherchant à maximiser leurs profits, son modèle permet de comprendre dans les grandes lignes comment les trafiquants ont ajusté leurs opérations en réaction à la guerre lancée par le Président Felipe Calderón contre le marché de la drogue.
Selon Dell, les cartels se sont comportés comme des acteurs économiques archétypiques, modifiant leurs circuits commerciaux illicites de façon prévisible, en contournant les villes où la force publique avait sévi et en se ruant sur celles où la concurrence avait souffert des incursions du gouvernement. En offrant une base d'analyse pour comprendre la réponse des trafiquants aux actions gouvernementales, le travail de Dell pourrait aider l'administration Calderón à mettre sur pied une meilleure stratégie et vaincre les barons de la drogue mexicains.
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