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une petite ballade écléctique ....

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Les militants égyptiens formés à Washington et chez OTPOR

Il est temps de regarder de plus près ces "révolutions" au Maghreb et au Moyen Orient, puisque nous commençons à avoir le recul nécessaire. Plusieurs éléments amènent à se poser des questions quant au caractère "spontané" desdites révolutions, d'autant plus qu'on a déjà connu les pseudo révolutions 'orange', 'des roses' etc. en Europe de l'Est et dans le Caucase il y a peu.

Premiers éléments d'interrogation, comme ça, à chaud : le rôle déterminant de l'armée dans l'ensemble de ces revolutions, l'emballement médiatique international, le silence relatif des Etats-Unis, la répétition très rapide du même scénario : facebook, manifestations, tergiversations, retournement de l'armée, pas de changement radical.

Dans le cas de l'Egypte, c'est un mouvement appelé "mouvement de la jeunesse du 6 avril" (April Six Youth Movement) qui a été l'un des moteurs principaux du mouvement de contestation. Un câble de l'ambassade US au Caire dévoilé par Wikileaks évoque ce groupe (10CAIRO99) daté de janvier 2010 évoque ce groupe et un autre, Kifaya, dont certains membres ont été arrêtés par les autorités égyptiennes en raison d'un rassemblement illégal. Le câble, renseigné par les avocats de ces groupes, précise que "certains des détenus étaient des participants du progamme 'New generation' de la Freedom House qui procurait un entraînement aux jeunes activistes". Il y avait même, en janvier 2010, un programme en cours intitulé "Project on Middle East Democracy Program", probablement le POMED. Parmi les interpellés présents lors du programme d'entraînement, Israa Abdel Fatah, bloggueuse et co fondatrice du mouvement du 6 avril.

Elle avait fait 17 jours de prison pour avoir réuni 70.000 personnes via Facebook le 6 avril 2008, mais on va y revenir.

La Freedom House avait aussi un programme spécial pour les militants du Moyen Orient et d'Egypte (qui était parmi les quatre pays prioritaires pour la Freedom House), New Generation of advocates, destiné à donner du pouvoir à "la société civile" égyptienne et du Moyen Orient. Notamment en coachant des blogueurs reçus à Washington début 2010. Parmi les activités dudit programme :

  - "procurer un entraînement avancé en matière de mobilisation civique, de réflexion stratégique, de nouveaux médias" etc.

  - professionnaliser la société civile en matière d'information sur les atteintes aux droits humains et à "militer pour une réforme légale"

 - amener les politiques et le public à dénoncer la situation des libertés via les médias, forums etc.

En rentrant en Egypte, les militants avaient une "petite donation" pour lancer des initiatives, mais aussi des contacts à Washington et ailleurs.

La Freedom House est financée en grande partie par les Etats-Unis : en 2006, par exemple, le gouvernement fédéral lui avait versé près de 21 millions de dollars sur ses 26 millions de budget annuel. Parmi ses grands contributeurs privés (+ de 100.000$ versés en 2006, date du dernier rapport annuel disponible en ligne), on a Peter Ackerman, membre du Council on Foreign Relations de Rockefeller et adepte de la réunion Bilderberg, ainsi que diverses fondations et l'incontournable National Endowment for Democracy qui finance lui aussi moult programmes démocratiques à travers le monde.

La Freedom House a publié en 2009 une "carte de la liberté" pour chaque continent, qui différencie les pays suivant le degré de démocratie qu'elle leur attribue. Ainsi, on apprend que le seul pays totalement libre de la zone Maghreb-Proche orient aux yeux de la Freedom House est Israël. Cinq pays sont "partiellement libres" : Maroc (sans la partie saharaouite), Jordanie, Liban, Yémen, Bahrein. Tous les autres pays de la région sont considérés comme "non libres". Il convient donc, bien sûr, de les amener vers la liberté.

D'un coup, on s'étonne moins de l'ampleur de cette 'révolution facebook' en Egypte, dont le logo (un poing fermé en blanc sur fond noir) est le même que celui du mouvement OTPOR !, créé en 1998 et qui avait lancé les "révolutions" en Serbie en 2000 contre Milosevic, en Géorgie, avec le mouvement Kmara en Biélorussie avec Zubr et en Ukraine avec le mouvement Pora, mais il y a eu des tentatives ailleurs, comme en Azerbaïdjan avec le mouvement Kelkel ou au Kirghizistan. Des révolutions qui avaient été largement poussées par le NED (National Endownment for Democracy), l'USAID, l'Albert Einstein Istitution de Gene Sharp et la fondation Soros, qui injectaient les fonds dans divers mouvements tels qu'OTPOR.

Les révolutions en Europe de l'Est ont été pilotées savamment par la CIA et autres agences US, qui ont financé des associations, commandé moult sondages publiés dans moult médias, secoué le bananier des agences de presse pour qu'elles répercutent les infos partout dans le monde, etc.

Bref, les scénarios tunisien, egyptien etc. ont des airs de déjà vu.

suite site source :http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/les-militants-egyptiens-formes-a-89994

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