Synthèse de Crisis Group
Depuis plus de cinq ans, alors que la rébellion armée de l’est du Tchad et la crise du Darfour focalisent l’attention, le nord-ouest du pays a suscité peu d’intérêts. Cependant, l’ampleur de plus en plus grande du trafic international de drogues et du terrorisme dans la bande sahélo-saharienne, l’émergence d’un islamisme combattant dans les pays voisins, l’intensification des ressentiments intercommunautaires et l’érosion des mécanismes de justice traditionnelle, la sous-administration et l’abandon qui caractérisent la politique
gouvernementale à l’égard de cette région risquent de devenir des facteurs de déstabilisation. Les autorités tchadiennes doivent changer de mode de gouvernance dans cette région et désamorcer les différentes sources de tensions ou les risques de déstabilisation avant que ceux-ci n’atteignent un seuil critique.Historiquement, la région nord-ouest a joué le rôle ambivalent de trait d’union et d’opposition entre les cultures de l’Afrique du Nord arabo-musulmane et celles de l’Afrique noire. Actuellement, elle est la cible de tentatives d’infiltration de la part de groupes armés et de bandes criminelles profitant de la porosité du désert saharien pour étendre leur champ d’activité. L’islamisme combattant qui sévit au nord du Nigeria (la secte Boko Haram) et Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) qui opère dans certains Etats du Sahel y font sentir leur influence diffuse mais réelle. Si jusqu’à présent ce dangereux voisinage n’a pas eu d’effet déstabilisateur, une plus grande vigilance est néanmoins de mise.Sur le plan intérieur, malgré l’amélioration de la situation sécuritaire consécutive au démantèlement progressif, à la fin des années 1990.
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