Dit comme ça, on pense à une mauvaise blague, mais il n’en est rien.
Une réflexion sur la privatisation de nos forces armées est bien engagée au sein du gouvernement, dans les états-majors et au sein de « think tank » discrets et influents qui regroupent nombre d’officiers généraux et de membres éminents du lobby militaro-industriel
Historiquement, les mercenaires ont une solide tradition pleine de hauts faits d’arme. Ils ont occupé des fonctions prestigieuses : pensons aux gardes suisses du Vatican. Ils incarnent depuis l’antiquité le culte du guerrier, commun à de nombreuses cultures, de la philosophie spartiate aux célèbres samouraïs.
Récemment, les États-Unis ont expérimenté les armées privées en Irak et en Afghanistan, à une échelle encore jamais vue, et avec succès : le vrai coût de la guerre peut être masqué aux parlements, et on peut toujours leur attribuer les bavures éventuelles. De toute façon, les drones sont dirigés
depuis le pays par des civils sous contrat avec le Pentagone. Les guerres modernes ont de moins en moins besoin de soldats classiques : pourquoi salarier tant de fonctionnaires, quand l’heure est aux coupes claires dans la fonction publique ?
En France même, le développement des polices municipales a été très avantageux : la mégalomanie des élus locaux a été comblée par le fait d’avoir « leur » police, l’État s’est désengagé de certaines missions de service public trop coûteuses et a taillé dans les budgets formation de la police ; pourquoi gaspiller des centaines de balles en formation quand une seule bien placée suffit ?
Qui ignore la réputation de discipline des écoles privées ? Nos prisons seront demain en crédit-bail, et notre Pentagone à la française sera construit par Bouygues en location-vente. Tous les signes sont là.
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