L’Université de Colorado-Denver, vient de publier une étude sur les conséquences de la légalisation du cannabis en Amérique. Aux USA, la tolérance pour le cannabis «thérapeutique» est une façon détournée d’en légaliser la consommation. L’État de Californie s’est engagé dans cette voie en 1996, suivi par 15 autres dont le dernier en date est le Delaware en Juillet 2011. Les résultats qui viennent d’être publiés ne manquent pas d’intérêt…
Le premier constat est inquiétant mais sans doute prévisible : la légalisation s’accompagne d’une augmentation de la fumette chez les jeunes adultes. Cette mauvaise nouvelle est tempérée par le fait qu’aucune augmentation de la consommation de cannabis n’est constatée chez les mineurs.
La deuxième découverte est que la légalisation de la Marie-jeanne a des fins «thérapeutique» est directement associée à une baisse de la consommation d’alcool. Plus précisément, c’est la vente de bière qui accuse le coup : – 5,3% si on en croit les statistiques du Beer Institute (le syndicat des brasseurs US). Les vins et les alcools forts, moins appréciés par les jeunes yankees ne semblent pas affectés de façon significative.
Et pour finir, la plus grande surprise est que l’arrivée de la Marie-jeanne sur le marché des drogues récréatives légales fait baisser de 9% du nombre d’accidents de voiture mortels. Les auteurs n’avancent pas d’explication catégorique pour le phénomène, mais la tendance est indéniablement inscrite dans les statistiques.
Le travail des chercheurs de Denver se limite au trinôme « cannabis, alcool, accidents de la route ». Une étude élargie à la criminalité et à la violence donnerait un éclairage encore plus intéressant sur les bénéfices et les dangers de la légalisation du cannabis.
Quoi qu’il en soit, cette étude semble donner raison au classement des drogues réalisé par le professeur Nutt, qui en 2007, dans The Lancet, classait l’alcool comme la drogue la plus dangereuse.
Et puisque l’on parle de lui, j’en profite pour préciser que ledit Professeur Nutt, a été viré de son poste de conseiller du gouvernement britannique en matière de drogue à la demande du ministre de l’Intérieur en octobre 2009. Il avait critiqué publiquement le durcissement du régime légal du cannabis décidé par le gouvernement de l’époque, contre son avis d’expert.
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