Alors que les Pays-Bas se demandent s’ils vont interdire l’accès des coffee-shops aux touristes, l’Espagne ouvre des dizaines de clubs sociaux de cannabis. Un vrai rêve de militant.
Un vendredi soir à Madrid, à l'heure de l'apéro ou du dernier café de fin d'après-midi. Au comptoir du Private Cannabis Club, on peut choisir. Coincé entre une station-service et les premiers champs qui marquent les limites de la capitale, l'endroit respire le restaurant routier espagnol traditionnel : carrelage au sol, meubles en bois marron clair et jambon ibérique suspendu. Cependant, autour des trois serveurs, du client solitaire qui finit son petit noir et du jeune couple qui vient d'entrer en riant flotte une odeur de cannabis.
"Ici, la qualité de l'herbe est garantie. Tu n'as pas besoin d'aller dans des quartiers glauques et de traîner avec des gens louches pour t'approvisionner", explique Richard de Prado, 43 ans, coordinateur de ce club qui vient de fêter sa première année d'existence.
La passion cannabis
Un seul petit coup de sonnette suffit à ouvrir aux trois cent soixante-treize membres les portes des neuf cents mètres carrés dédiés au cannabis. Chacun paie dix euros pour s'inscrire puis cent vingts euros par an. En échange, les clients peuvent acheter du cannabis de qualité entre six et sept euros le gramme. "Je suis tombé sur un article qui parlait du club il y a un an et le ciel s'est illuminé !", se souvient Javi, 52 ans, à qui ses joues creusées donnent plusieurs années de moins. Pendant que sa petite chienne, Lola, fouine entre les vaporisateurs de cannabis, il discute avec deux autres membres confortablement installés dans le petit salon attenant à la salle principale.
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